ɡ ....
 
  . .

 | 
 

 ECONOMIE ALG2RIENNE 1986-1998

         
ch.ch




: 2822
: 23/12/2007

: ECONOMIE ALG2RIENNE 1986-1998    1 - 23:40

ECONOMIE ALGERIENNE 1986 - 1998 :
[b]

Omar Benderra
Extrait de La Mditerrane des rseaux, Marchands, entrepreneurs et migrants entre lEurope et le Maghreb, sous la Direction de Jocelyne Cesari, Maisoneuve et Larose, Octobre 2002
Lhistoire conomique de la priode 1986-1998 est celle de la transition avorte vers la dmocratie et lconomie de march, du basculement de la socit algrienne dans une violence effroyable. Cette priode a consacr limpossibilit de toute rforme politique et conomique et a vu le triomphe sans partage de limmobilisme. Le groupe dofficiers gnraux dtenteurs exclusifs du pouvoir rel reprsente des groupes dintrts diffrents qui ne saccordent que sur le maintien tout prix de leur hgmonie sur la socit. Expression de rseaux concurrents mais anti-dmocratiques, les influences croises de ce pouvoir de lombre nont dautre effet que de conforter un statu-quo chaque jour moins viable.
Lexprience de ces annes de sang montre, en dpit des dclarations lnifiantes et des approches technicistes, que la crise algrienne est fondamentalement politique ; ni les programmes idologiques du FMI ni les injections massives de capitaux, ni la hausse forte et durable des prix des hydrocarbures nont permis lconomie algrienne dmerger de ltat de catalepsie dans lequel elle est enferme depuis larrt du programme de rformes en juin 1991.
Au plan politique, lchec permanent des repltrages successifs et du trucage systmatique dlections rptition exprime la strilit de lemprise des rseaux militaro-mafieux sur lEtat, ses appareils et ladministration.
La paralysie de lconomie algrienne nest cependant pas une fatalit, la dynamique enclenche lors de la brve priode de louverture dmocratique entre 1989 et 1991 le montre. Dans un contexte trs dfavorable, la libration des initiatives et la mobilisation des comptences sur un programme lisible et cohrent a prouv que les rserves de crativit existent bel et bien.
Pour en faciliter la lecture cet article est structur en trois volets ; dabord une chronologie synthtique et critique de lvolution conomique de lAlgrie entre 1986 et 1998. Le deuxime volet est consacr aux forces politiques et aux acteurs de cette priode. Ltat des lieux et les perspectives sont examins dans la troisime partie.
La gestion des contre-chocs ptroliers
La baisse rgulire du prix du brut amorce la mi 1985 sacclre brutalement en 1986. Le niveau des prix atteint son plancher et dvoile brutalement les dysfonctionnements structurels de lconomie algrienne. En effet, les carences profondes de lconomie administre, masques jusqualors par limportance de la rente, apparaissent au grand jour. La chute des prix du ptrole de 40% rduit nant les illusions de puissance du potentiel industriel algrien et rvle, au contraire, la dpendance et la fragilit dun systme construit sur la seule performance du secteur des hydrocarbures.
La contraction des ressources extrieures partir de 1986 a pour effet de rduire progressivement les flux dimportation mais un rythme plus lent que celui de dgradation de la capacit financire extrieure de lAlgrie. Les exportations sont rduites de moiti entre 1986 et 1990. Les contrats de travaux et dquipements continuent en effet dtre honors, mme si de nouveaux projets savrent plus difficiles lancer. La coopration financire bilatrale ainsi que les crdits financiers remdient, point nomm, aux difficults de paiements extrieurs. Cependant, limage du pays sur les places financires est svrement affecte, lvaluation du risque algrien tend se dgrader. Les implications de cette apprciation dtriore se refltent dans lrosion rgulire des crdits commerciaux garantis, relays, dfavorablement, par des crdits bancaires court terme, ainsi que par laccroissement des marges financires et laltration des conditions de remboursement..
La magnitude de cette premire secousse est relativement attnue par le maintien dune certaine confiance des places financires. Paris et Tokyo principalement, font preuve dun optimisme relatif dans la capacit algrienne sadapter et mettre en oeuvre une politique conomique satisfaisante. Les crdits financiers et commerciaux sont facilement octroys, mais en contrepartie le stock de la dette enfle rapidement et ses conditions, maturit et cot, se dtriorent. Entre 1985 et 1988, la dette totale double de volume pour atteindre 26 milliards de dollars, soit trois ans dexportations avec un service de la dette reprsentant 72% des exportations
Ds 1987, le poids du service de la dette sajoute aux autres signes structurels ngatifs pour corroborer lvidence dune crise des paiements durable. Le service de la dette dpasse, en effet, 7 milliards de dollars ds 1987 pour approcher 9 milliards de dollars en 1990. La priorit la stabilit sociale conduit les autorits financires envisager des alternatives exceptionnelles. Les partenaires occidentaux, et surtout la France, tendent dvelopper les soutiens politiques et financiers pour prserver la solvabilit dun march traditionnellement porteur.
Dans cette perspective, les autorits franaises incitent les Algriens poursuivre simultanment deux objectifs :
o entamer des ngociations avec le FMI pour le rchelonnement de la dette.
o assouplir la politique ptrolire et gazire pour permettre, dans des dlais rapprochs, laugmentation durable des exportations. Lide sous-jacente est que la dynamisation du secteur des hydrocarbures, tout en garantissant la stabilit future du pays, peut en effet faciliter, dans lintervalle, lemprunt sur les marchs de capitaux

Prises de court et dsireuses de ne rien faire qui puisse remettre en question lquilibre politico-conomique en vigueur, les autorits algriennes refusent dengager les transformations structurelles dune conomie tatise, domine par un secteur public inefficace et bureaucratis. Confrontes la contraction dramatique des revenus externes, les banques algriennes, puis toutes les entreprises publiques, sont invites recourir lemprunt court terme directement, ou via les fournisseurs, sur le march financier international. Persuad du caractre conjoncturel de laffaissement des prix du brut, le gouvernement algrien refuse galement denvisager le rchelonnement de la dette en misant sur un hypothtique retournement du march des hydrocarbures.
Ds le dbut de 1987, les mesures de rigueur financires adoptes par le gouvernement paraissent incohrentes et drisoires. Le montant du stock de la dette est considr comme secret dEtat. Pour masquer lampleur de la crise auprs de lopinion, les autorits dcident de comprimer les importations dquipements plutt que celles de consommation. Le rsultat en est un ralentissement marqu des programmes dinvestissement et laggravation des surcots financiers, influenant directement et de faon ngative la croissance. Llment interne de stratgie repose sur lappel excessif la monnaie pour combler le dficit budgtaire, ce qui a pour effet mcanique dalimenter linflation et droder le pouvoir dachat des revenus fixes. Sauf en matire de rduction du taux de change de prs de 25% entre 1986 et 1989, le rsultat global ne peut tre que ngatif. Cette mme anne, le FMI autorise les tirages automatiques et encourage, avec les autorits franaises, les discussions pour la rengociation de la dette.
Comme pour les pays dAmrique du sud au dbut des annes 1980, le recours systmatique aux crdits court terme (12 mois) prcipite le pays dans le debt trap. De fait, lappel massif et incontrl aux financements court terme de lconomie a pour effet de rduire la dure de vie moyenne du stock de la dette, dalourdir trs substantiellement les chances, daccrotre trs fortement le cot du crdit, et, en amenant la fermeture du march des capitaux moyen terme, dgrader durablement le niveau de risque pays de lAlgrie.
Transition incertaine
La priode de transition dmocratique qui succde aux vnements doctobre 1988 concide avec des tensions difficilement matrisables au niveau des quilibres conomiques extrieurs. Soucieux de calmer un tant soit peu les revendications sociales, le gouvernement Merbah tente de lever les restrictions sur les importations de biens de consommation et dinaugurer un programme relais exceptionnel dinvestissements sociaux. Ces proccupations sont cependant contrecarres par laffaiblissement du niveau des rserves et la dtrioration des quilibres budgtaires. Pour luder dinvitables ajustements, la gestion court terme alors privilgie se traduit par laggravation du dficit et labondance de crdit au niveau interne,
La contrainte sur les importations est, nanmoins, minimise par lattitude favorable des crditeurs, franais notamment, de lAlgrie, ligne de crdit de 7.2 milliards de francs au total et crdit stand-by du FMI en 1989. Ainsi, entre 1988 et 1989, un dficit de 3 milliards de dollars est financ par 600 millions de dollars de tirages sur le FMI, plus de 370 millions de dollars de dcaissements multilatraux et prs de 2 milliards de dollars de crdits bilatraux publics et, pour des volumes quivalents, par des crdits commerciaux privs.
Les importations et les investissements reprennent, mais il faut malgr tout puiser 700 millions de dollars sur des rserves auparavant dj fortement rduites (qui passe de deux mois un mois dimportation). Paralllement, la dette extrieure saccrot et atteint 30 milliards de dollars la fin de 1989.
[

_________________
http://www.shbab1.com/2minutes.htm
    
    http://islamfin.go-forum.net/forum.htm
ch.ch




: 2822
: 23/12/2007

: : ECONOMIE ALG2RIENNE 1986-1998    1 - 23:44

.


Les circonstances critiques de la transition dmocratique
La constitution, en septembre 1989, du gouvernement dirig par Mouloud Hamrouche permet la mise en oeuvre dun programme de rformes destin assainir les comptes et rompre avec lconomie administre, en engageant une volution rapide vers le march
Les conditions socio-politiques limitent singulirement les marges de manuvre. Aux difficults conomiques sajoutent la monte des revendications sociales, favorises par la concrtisation de la libralisation politique et la surenchre des nouveaux partis pour sduire lopinion dans une priode de renouvellement des assembles. Il ny a pourtant dautre option que celle de la rigueur conomique et financire lintrieur et lextrieur. Les conomies budgtaires ne pouvant tre que limites au dpart, le gouvernement recourt une mini-rforme fiscale imposant plus fortement les revenus commerciaux et ceux du capital. Ce qui ne manque pas de provoquer une leve de bouclier dans le commerce, limmobilier et certaines activits industrielles. Les taux dintrts ngatifs sont relevs, mais surtout la Banque centrale laisse flotter un Dinar survalu.
Ces mesures permettent au gouvernement, dune part, de ne pas limiter les importations ncessaires la production et linvestissement et, dautre part, de se procurer transitivement les moyens des ressources budgtaires afin damliorer relativement les bas salaires et dalimenter les fonds de soutien aux petites activits cratrices demploi.
Les conditions dinadaptation de lenvironnement administratif et les pesanteurs de la gestion bureaucratique ne permettent pas de concrtiser de nombreuses oprations avant le dpart du gouvernement rformateur en juin 1991.
En effet, dune part, le gouvernement des Rformes, ralise des ruptures effectives dans lorganisation conomique et la garantie des liberts fondamentales, seule voie pour que le champ politique puisse chappe aux capacits de manipulation des gnraux du pouvoir rel . Dautre part, dans un environnement marqu par limpritie des courants se rclamant de la modernit, le mouvement islamiste radical, runit dans et autour du Front Islamique de Salut (FIS) et russit remarquablement mobiliser lespoir de changement des catgories les plus pauvres et des intermdiations sociales agissantes.
La gestion de la dette va sappuyer sur un train de lois allant de la libralisation du commerce extrieur jusqualors monopole dEtat, lautonomie de la banque centrale. Il sagit aussi, par des mesures concrtes, de convaincre les partenaires extrieurs de la cohrence dune dmarche damlioration du risque-pays. Lapproche globale est accompagne de mesures visant rduire puis interrompre les crdits court terme.
Le recours au rchelonnement est cart pour les raisons suivantes :
sans la transformation pralable des structures de lconomie, laisance financire transitoire procure par le rchelonnement de la dette se perd dans les circuits de la gestion bureaucratique.
Lannonce du rchelonnement provoque automatiquement lasschement des sources de financement externe et en particulier des crdits moyen terme pour linvestissement. De plus, le retrait automatique des couvertures de garantie des compagnies dassurance crdit pnalise directement les investisseurs privs.
Lapproche retenue consiste donc rengocier la dette avec les cranciers principaux sur une base volontaire, aux conditions normales du march, sans cessation de paiement ni moratoire pralable. Cette approche, novatrice, approuve par le FMI est mise en oeuvre. Une srie de ngociations est lance avec le consortium des banques crancires diriges par le Crdit Lyonnais, avec le gouvernement italien et avec les socits japonaises de Leasing financier.
En 1990, lAlgrie rentre ainsi dans une priode dinstabilit politique accentue et de campagne lectorale permanente. La restructuration de lenvironnement juridique et administratif du march sont peine inities. La solution adopte est difficile grer. Dun ct, le gouvernement rformateur, nomm en juin 1989, tient dvelopper un programme de transition vers le march, allant bien plus loin que les conditionnalits probables du FMI. De lautre, cet effort ne peut tre opposable aux cranciers publics et privs pour obtenir un rchelonnement consquent de la dette, du fait des difficults politiques et managriales de la transition.
La guerre du Golfe est lvnement majeur de lanne 1990. Pour lAlgrie, les implications de ce conflit se rsument , durant le premier semestre, la rduction mesure des crdits extrieurs et laugmentation des taux dintrts bien au-dessus du Libor sur le march bancaire. Mais lembellie des prix ptroliers au second semestre permet dengranger plus de 1 milliard de dollars de recettes imprvues. Le prix moyen du baril pour lexercice atteint 24 dollars. Prudent et soucieux damliorer son image lextrieur, le gouvernement dcide de rgler prs de 600 millions de dollars darrirs de paiement et de mettre 300 millions de dollars en rserves. Dans la mme optique de dtente des marchs, la mise en oeuvre des programmes daccroissement des exportations de gaz est acclre. Ces dcisions permettent de dtendre lgrement les taux dintrt et rduit de plus dun point les primes dassurance rvalues depuis 1988.
Au plan externe, les dispositifs conomiques et financiers mis en place sont bien accueillis. Les ngociations avec le FMI aboutissent la fin du mois de mai librer un crdit et autoriser le reprofilage (rchelonnement volontaire hors Clubs de Paris et Londres) de 4 milliards de dollars de dette chance 1991 et 1992. Les financements commerciaux franais garantis par la COFACE, ceux de la SACE Italienne sont maintenus des taux avantageux et les garanties de lECGD britannique ranimes. Les Etats-Unis portent les accords de financement 3 ans pour les quipements et augmente la ligne de crdit des produits alimentaires 1 milliard de dollars. La Banque Mondiale octroie un crdit de restructuration du systme financier de 350 millions de dollars et le FMI un crdit de 400 millions de dollars.
Du ct des entreprises, lexistence dun Conseil de la monnaie indpendant offrant des garanties solides la circulation des capitaux productifs, confirme lassouplissement de la lgislation en matire dhydrocarbures en 1989, dclenche lintrt des partenaires habituels de lAlgrie. Les entreprises publiques, pour la plupart devenues socits par actions, obtiennent une grande latitude pour nouer des relations directes de partenariat en matire de travaux, dinvestissements communs et dententes commerciales. Les banques europennes, japonaises et amricaines se montrent de nouveau disposes prendre des risques.
Cette politique est poursuivie au cours du premier semestre de 1991 dans un contexte dapprofondissement des tensions entre le gouvernement, larme et les diffrents mouvements politiques encourags arriver aux affaires par des compromis qui vitent des lections libres. Lapplication de la loi sur la monnaie et le crdit, nettement librale, inscrit dans les faits lindpendance du systme bancaire et rduit fortement lappel la monnaie par le Trsor. Les obstacles la libralisation du commerce extrieur ainsi que les limitations linvestissement externe sont levs. Le dinar est dvalu, passant de 12 19 dinars pour 1 dollar, et les changes extrieurs sont 80% librs. Il sen suit une augmentation de linflation de plus de 20% sur toute lanne. Pour en rduire les effets, le gouvernement dveloppe une politique des revenus slective, accroissant de 50% les salaires bas et moyens et multipli les fonds de crdit bonifi lagriculture, la construction, lhabitat et lemploi des jeunes.
Lexcdent de la balance commerciale est ainsi exceptionnellement lev en 1990 et 1991, atteignant, pour les deux annes, 4 milliards de dollars grce la bonne tenue des prix du brut mais galement aux effets de la dvaluation sur la baisse du volume des importations de 2 milliards de dollars en 1991 par rapport 1990. La balance courante, greve par le paiement des intrts de la dette au niveau de 2,2 milliards de dollars annuellement, accuse un dficit de 6,7 milliards de dollars. Du fait des bonnes dispositions antrieures du FMI en 1991, les institutions financires internationales couvrent un besoin de financement de 1.9 milliard de dollars et les bailleurs de fonds bilatraux assurent un flux net de 1,2 milliard de dollars. Les rsultats des premiers accords de reprofilage avec lItalie et les rserves, sur accroissement des prix ptroliers, permettent de couvrir la balance et daccrotre les rserves de 1,4 milliard de dollars fin juin 1991.
Au plan interne, les activits reprennent malgr laccroissement de la fiscalit. La dvaluation stimule la production industrielle et oriente la demande vers les productions nationales dont les capacits taient sous - utilises. Le dbut de la reprise gonfle les portefeuilles dinvestissement un moment o les chambres de commerce sont rendues aux entrepreneurs garantissant la libert dimportations des quipements et des services.
Le gouvernement oblig de partir en juin 1991, ne peut achever le programme dassainissement et de relance prvu pour 3 ans.
[

_________________
http://www.shbab1.com/2minutes.htm
    
    http://islamfin.go-forum.net/forum.htm
 
ECONOMIE ALG2RIENNE 1986-1998
          
1 1

:
 ::  ( ) ::  -