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 Aperu de l'conomie islamique

         
ch.ch




: 2822
: 23/12/2007

: Aperu de l'conomie islamique    18 - 21:25

Aperu de l'conomie islamique


Le Prophte (Que le Salut et les Salutations d'Allah soit sur lui) a interdit de planifier les prix en disant : Le niveau des prix relve de la volont de Dieu . Cela signifie-t-il que dans la socit islamique c'est la loi de l'offre et de la demande qui dtermine le prix des biens et des services?

Il est ncessaire d'mettre ici l'avis de la loi islamique sur la question de l'offre et de la demande. Il faudrait avant tout dfinir ces deux termes, ce qui ncessite un retour leur origine.

L'emploi de l'expression l'offre et la demande remonte aux premiers thoriciens de l'idologie capitaliste. Ceux-ci tout comme leurs successeurs estiment, en effet, que le cours du march est dtermin par l'interaction du pouvoir de l'offre et de la demande.

Cette rencontre entre l'offre et la demande dpend du type de march (rgime de libre concurrence, libre monopole du march, etc...). Chaque type de march a des caractristiques propres qui constituent un rapport entre le producteur et le consommateur et qui ont, de ce fait, une influence sur la valeur marchande. Ainsi, si une marchandise est monopolise par un seul producteur ou si elle n'a pas d'quivalent sur le march, son prix sera fonction de ces facteurs et l'offre et la demande seront soumises une loi particulire. De mme, si le produit a un quivalent sur le march tout en tant monopolis par certains producteurs, son prix sera fonction de cette situation particulire. Bref, le march est le cadre gnral qui dtermine le prix des diffrents types de biens et de services et ce par l'interaction de la demande (dsir des acheteurs stimul par le pouvoir d'achat) avec l'offre (dsir des vendeurs de cder leur marchandise partir d'un certain prix). Le march se dfinit donc comme l'ensemble de rapports entre vendeurs et acheteurs dsirant mutuellement changer certains biens ou services dans la limite de leur satisfaction. Il peut avoir une tendue restreinte et se limiter un quartier ou, au contraire, s'largir pour englober une ville entire, tout un pays ou le monde entier (march international du ptrole, march international du bl, etc.).

Le march est un lieu thorique, non dlirnit par un espace matriel. Ces lois du march sont troitement lies l'appareil capitaliste dans son ensemble de part la faon dont les capitalistes conoivent le problme conomique, le prix et son mcanisme ainsi que la valeur ; le libralisme conomique inhrent cette idologie fait que ces lois marquent de leur empreinte toute l'conomie. Ainsi, en cas de dsquilibre conomique, les thoriciens du capitalisme prvoient des lois rgulatrices de l'offre et de la demande ; pour eux la ralisation de l'quilibre conomique et la conception du prix et de la valeur vont de pair. C'est le prix qui met en relation producteur et consommateur. Il varie suivant le changement de l'tat de l'offre, de la demande ou des deux la fois. Le changement de l'tat de l'offre et de la demande peut s'effectuer soit dans le sens de la hausse soit dans celui de la baisse - il est galement possible que la tendance de l'offre soit la hausse et que celle de la demande soit la baisse ou l'inverse. Ces lois secondaires ont t tudies par les thoriciens du capitalisme dans le cadre de l'quilibre conomique et de la fluctuation des prix. Elles sont lies aux fondements mmes du systme conomique capitaliste et aux liberts fondamentales dont la libert de proprit.

L'Islam, lui, conoit la question de faon diamtralement oppose. Le prix ou la valeur y sont dtermins par le systme lui-mme et nullement par l'offre et la demande. Mais qu'est-ce qui provoque la chert de la vie aujourd'hui? Il est indispensable de rpondre cette question pour pouvoir tudier le problme du prix et de la valeur et comprendre que le pourrissement vient de la base mme, c'est--dire du systme dans sa totalit et non pas des solutions partielles. Il faut bien admettre que la ralit que nous vivons aujourd'hui est totalement corrompue avec ses dfauts apparents et cachs - c'est l'vidence mme. Le problme vient manifestement du fait que la vie sociale est rgie par un ensemble d'ides appliques sous forme de lois (ou systme) qui proviennent d'une base fausse.

Ces lois qui dterminent la vie conomique sont errones car elles sont issues d'un systme impie et n'manent nullement de l'islam. En effet, la monnaie qui sert aux changes de nos jours n'est plus lie l'or et elle est obligatoire. De ce fait, elle embrouille les prix et engendre la corruption financire. Or, cette monnaie est le nerf moteur de l'conomie capitaliste. Comme elle exerce une influence dterminante sur la lgislation emprunte au capitalisme par les pays musulmans et mme par ceux du monde entier, elle sape leur dveloppement cononomique. En effet, le systme montaire de ces pays a pour base les biens, et les services. Or, il s'agit d'une base qui, pour tre mme de parer au dsquilibre conomique, doit satisfaire trois conditions essentielles, conformment la thorie capitaliste : Cette base doit tre solide. Les biens et les ressources doivent tre demands aussi bien l'extrieur qu' l'intrieur (c'est, par exemple, le cas du ptrole). Les marchs doivent tre contrls et l'Etat doit avoir un budget qui prenne en considration la base de la monnaie, ou qui tienne compte des biens et des services disponibles et de ceux qui sont demands, de mme qu'il doit y avoir un certain quilibre entre les importations et les exportations. Si ces conditions sont remplies, l'Etat peut permettre la spculation sur la monnaie du pays au march de la Bourse. Mais les facteurs qui dterminent le pouvoir d'achat de la monnaie sont toujours la base conomique et les potentialits de la monnaie en matire d'achat , une monnaie n'est prise que si elle est digne de confiance.

Pour ce qui est des pays musulmans, force est de constater qu'ils sont dpourvus d'une base conomique qui leur permette d'avoir un march de la Bourse. De plus, l'implication de ces pays dans le march mondial - travers les allgeances et les trahisons politiques des dirigeants- fait qu'ils sont amens entreprendre des transactions trompeuses ; cela engendre l'effondrement de leur conomie, les oblige s'endetter et les pousse recourir aux devises trangres qu'ils thsaurisent dans leurs banques, les liant ainsi au mcanisme de ces devises lorsque celles-ci, s'exposent aux crises montaires internationales. Il en va de mme des astuces employes s'agissant du march intrieur et qui consistent faire circuler des titres, mis par le trsor pour absorber les devises en circulation ou recueillir la monnaie locale en vue de l'utiliser comme liquidit ; ces astuces visent rsoudre le problme de l'inflation qui est devenue chronique. Or, l'inflation -inhrente au capitalisme- est un mal incurable car toutes les forces conomiques y participent en ralit. Cette situation a donc entran le chmage vu que les entreprises rduisent leurs effectifs cause des revendications salariales, entre autres. A cela s'ajoute le problme de l'argent produit par les tablissements bancaires au moyen d'oprations usuraires fondes sur le passif des taux d'intrt sur des prts remboursables court ou moyen terme, ces obligations se transformant en chambre de compensation. L'argent usuraire n'a en fait aucune consistance relle l'chelle des Etats, d'o l'impasse dans laquelle se trouvent les pays musulmans cause de leur faiblesse conomique ou, plus prcisment, du pillage des richesses dont Dieu les a gratifis. Le fait est que les capitalistes limitent le problme conomique la rarfaction relative des biens et des services. Pour eux, les besoins de l'homme sont illimits alors que les ressources dont il dispose sont limites ; il s'agit donc d'accrotre ces ressources limites pour pouvoir satisfaire les besoins illirnits. La doctrine capitaliste a ainsi condamn l'homme car la solution qu'elle prconise consiste augmenter la production, c'est--dire mettre les richesses la porte des individus de sorte que chacun puisse en acqurir comme il l'entend. Or, les individus souffrant d'une infirrnit physique ou mentale ne peuvent acqurir des richesses. En ralit, les besoins fondamentaux de l'homme sont limits ; ils se rapportent la nourriture, l'habillement et au logement qu'on doit totalement satisfaire. En effet, il s'agit des besoins de Pierre et des besoins de Paul, non de ceux de la communaut dans son ensemble. Il faudrait alors satisfaire ces besoins individuellement. Le problme conomique n'est donc pas un problme d'insuffisance des ressources mais bel et bien un problme d'une mauvaise rpartition des richesses dont Dieu a gratifi les hommes.



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