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Les Principes Gnraux de la Banque dans la Socit Islamique






Dams les socits capitalistes, la banque exerce deux activits fondamentales.



La premire, qui est une activit capitaliste propre­ment dite, consiste emprunter avec un certain taux d'intrt aux particuliers qui font leurs dpts a la banque, et de prter de 1'argent et des capitaux un taux d'intrt plus important aux particuliers et aux entreprises de production et de commerce.



La seconde est une activit de service qui consiste offrir des services tels que 1'encaissement des traites et des cheques, le transfert de 1'argent, a acheter et vendre des bons, a encaisser des coupons pour les clients, exercer un rle d'intermdiaire dans lmission des actions de certaines socits, et assumer la partie pra­tique de 1'opration d'ouverture de crdits pour le paie­ment des traites ou le stockage des marchandises. Elie offre aussi d'autres services caractre pratique qui, comme tels, impliquent un travail effectif et un traite­ment des questions pratiques par la banque.



Cette deuxime activit, malgr son importance, est sans doute considre comme secondaire par rapport a la premire, c'est--dire par rapport a 1'activit capita­liste de la banque dans les socits capitalistes ; car cette activit est l'expression du rle conomique primordial de la banque et de son important impact sur la vie conomique, et c'est pour exercer cette activit que les banques on, t fondes en Occident. Les lments cons­tituant la deuxime activit sont ns dans le prolongement et curium extension du dveloppement des banques capi­talistes.



Si nous analysons la premire et principale activit de la barque, nous constatons qu'elle remplit deux mis­sions.



La premire est objective et lie au service du capital au sens scientifique du terme.



La deuxime est une mission systmique et lie, au cadre capitaliste qui est la base idologique de 1'conomie dans les socits capitalistes. En d'autres termes, cette mission est soumise an capital prix dans son sens syst­mique. Ces deux missions sont lies, comme nous ne le verrons plus loin.



Avant d'exposer la nature de ces deux missions, il nous faut voquer les deux diffrentes acceptions, selon nous du mot capital . On appelle capital (au sens scientifique) tout bien montaire qui peut contribuer la production d'une nouvelle richesse. Les moyens de production et les matires premires, par exemple, peu­vent donc tre considrs comme un capital. Ainsi, une somme importante d'argent est considre comme un capital montaire car elle joue un rote dans diffrent, projets de production. Par centre, une faible quantit de capital montaire, prise part ou isole , ne constitue pas un capital, bien qu'il s'agisse d'un bien.



Quant au capital, au sens systmique, il est identique au prcdent, mais pris comme base de dveloppement de la proprit sans rapport aucun avec le travail, c'est--dire lorsque ce capital devient non seulement un moyen de production de biens nouveaux, mais aussi un moyen de production d'une nouvelle proprit an profit du propritaire du capital et en vertu de cette proprit.

A la lumire de ce qui prcde, nous pouvons expli­quer les deux missions de la banque dans sa premire et principale activit.



La mission objective, c'est la contribution de la banque an processus de dveloppement conomique et l'pargne maximum des potentiels de production par 1'accumu­lation de petites sommes qui, prises sparment, n'ont aucune chance de productivit, mais constituent ensemble un grand potentiel de production et couvrent une zone importante au sein de la production sociale, c'est--dire qu'elles se transforment en un capital montaire (au sens objectif du terme).



C'est la banque qui permet cette accumulation des biens montaires et qui les engage dans de vastes opra­tions de production. La banque contribue ainsi an dve­loppement conomique, et ce rle qu'elle tient dans 1a vie conomique, nous 1'avons appel mission objec­tive de la banque pour la construction de l'conomie. Par objective , nous voulons dire que c'est une mis­sion prvue et suppose de toute faon et indpendamment des cadres systmiques de la socit. Toute socit a besoin d'une institution qui gre cette mission, a savoir la transformation des biens montaires ngatifs en biens montaires positifs quel que soft le systme conomique de la socit considre.

Mais malgr le caractre objectif de cette mission, la banque, dans la socit capitaliste, utilise, pour la mener bien, des procds qui s'inspirent de l'optique et du systme conomique capitalistes ; car la banque, afin do collecter ces biens montaires disperss, utilise une cer­taine mthode pour attirer ceux qui possdent ces biens. Car ceux-ci, selon le systme capitaliste, sont entirement libres et n'effectuent un geste conomique que lorsqu'ils sont motives par le profit et 1'accroissement des richesses, conformment an mode capitaliste. I1 est donc naturel que le soul moyen qui permettent la banque d'attirer des biens montaires est d'en signaler les profits et les intrts. La banque remplit ainsi sa mission objective sur la base du systme d'intrt, en reversant aux par­gnants un certain pourcentage de la Somme dpose, cet intrt tant le motif matriel de 1'pargne. Mais la banque tente constamment de rduire le taux d'intrt accord aux pargnants, de faon garantir une marge importante entre ce taux et les profits et intrts qu'elle ralisera a son tour, en investissant les sommes dposes ou en les prtant avec intrt.

Quant la mission systmique de la banque, elle consiste a transformer ces biens montaires disperses en un capital non seulement an sons objectif du terme, mais au sens systmatique

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galement. Ainsi, dans la socit capitaliste, les relations capitalistes se trouvent constam­ment renforces.



Pour comprendre la faon dont la banque remplit cette mission systmique, il nous faut d'abord claircir quelques points sur la nature des relations an sein de la socit capitaliste.



Le fondement des relations capitalistes est l'utilisation du capital comme base de l'accroissement des richesses et cela indpendamment du travail. Cet accroissement n'a de sens que si on le considre dans un cadre syst­mique, c'est--dire dans un systme prcis de distribution des richesses. Car si, dans le processus de reproduction des richesses, nous faisons abstraction de tout cadre systmique, et considrons 1'accroissement des richesses dans l'absolu, il est alors inconcevable que cet accrois­sement se ralise partir du capital, indpendamment du travail.



Mais lorsque nous considrons 1'accroissement des richesses dans un sens relatif, c'est--dire en tant que proprit d'un individu rel subissant un accroissement, nous voyons clairement que 1'on peut supposer l'existence de cet accroissement sur la base du capital, et indpen­damment du travail. Cela signifie que le possdant accrot son capital sans travailler, qu'il ralise un accroissement de ses biens du seul fait qu'il en est propritaire, et ceci conformment aux relations capi­talistes.



C'est ainsi que nous pouvons comprendre la mission systmique de la banque capitaliste, que l'on peut rsumer de la faon suivante :



1) La cration d'un capital permettant, dans 1e cadre du systme capitaliste, d'accrotre la proprit indpen­damment de tout travail ou effort de la part de celui qui possde ce capital. Ceci est rendu possible par l'accumulation de petites sommes pour constituer un capital productif et par la fourniture, sous forme d'intrts, d'un revenu stable aux propritaires de ces sommes.



2) La constitution des grandes proprits prives, de faon a donner aux propritaires la possibilit de diriger et d'orienter globalement la vie conomique. Car la forte accumulation des sommes disperses offre des possibilits considrables, non seulement aux propritaires de cet argent, mais galement ceux qui effectuent cette opra­tion d'accumulation pour leur propre compte, c'est--­dire aux propritaires de la banque. Ceux-ci rassemblent toutes les sommes dans leurs coffres et permettent ainsi au capitalisme de contribuer grandement a l'apparition de trs grosses proprits prives.



3) La possibilit, pour le capitaliste soucieux d'viter les risques financiers, de raliser des profits sous forme d'intrts pour les sommes prtes. En effet, la banque aprs rception des sommes qui lui sons confies et aprs paiement aux dpositaires d'un intrt fix a un taux intressant pour eux, prte ces sommes a son tour, a un taux suprieur fix en fonction de la demande de prts. Ainsi le capitaliste ralise un revenu stable indpen­damment de tout travail, et galement de tous risques financiers.



4) La fourniture du e carburant ncessaire aux projets productifs capitalistes, c'est--dire l'argent ncessaire pour largir le cadre de leurs investissements et pousser son maximum le processus des relations capi­talistes. Car les propritaires des entreprises capitalistes trouvent dans la Banque un appui et une source inpui­sable. Par les prts qu'elle leur accorde, ils accroissent constamment leur production capitaliste, et les relations capitalistes s'en trouvent renforces et s'enracinent davantage dans la vie conomique.





Telle est la mission systmique de la banque au sein de la socit capitaliste, qui permet a la banque de continuer assurer cette mission en plus de sa mission objective. Elle assume simultanment ces deux missions qui sont intimement lies et s'influencent mutuellement. Car plus la richesse totale de la socit s'accrot par 1'activit bancaire, plus le systme capitaliste se dve­loppe et plus les rapports qu'il suppose se renforcent, accroissant ses contradictions et ses carts.



Se pose alors maintenant la question principale : quelle est la position de lIslam a lgard de la banque capitaliste, et comment une banque Islamique engage peut-elle se constituer?



Il est clair que lIslam n'admet pas la banque capi­taliste telle que nous 1'avons expose, et ceci pour plu­sieurs raisons :



1. Elle est en contradiction avec les prescriptions de la ShariA (loi Islamique) et avec celles de la loi civile de la jurisprudence Islamique (Fiqh), qui interdisent toutes deux le prt a intrt.



2. Elie est en contradiction avec les fondements de 1'conomie Islamique et avec son esprit gnral en ce qui concerne la distribution et l'investissement des richesses.



C'est sur cette base que s'implanta l'ide d'une banque non usurire comme ralisation de la thse d'une banque Islamique. Cette ide a bien souvent paru trange ces mentalits empreintes d'esprit de dpendance, rives une ralit pourrie et remplies des conceptions de 1'homme occidental sur la vie et les institutions sociales. Un musulman qui, suivant la voie du dvia­tionnisme de notre monde musulman, est devenu ministre dans son pays exprimait cet tonnement en me confiant personnellement d'une faon enfantine et nave :

J'ai t aussi tonn en entendant ce terme de banque non-usurire que si on m'avait parl d'un rend carr !



Pour bien comprendre la thse de la banque Islamique, il faut distinguer essentiellement deux situations diff­rentes :

A. Lorsqu'on veut planifier une banque non usurire dans le cadre d'une planification gnralise de tous les domaines de la socit, et qu'on applique a la banque la thse Islamique en

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l'incluant comme faisant partie du caractre Islamique de toute la socit.



B. Lorsqu'on vent planifier 1'instauration d'une banque Islamique indpendamment des autres domaines de la socit, c'est--dire en supposant le maintien de la situa­tion dgrade et du cadre non Islamique de la socit, ainsi que les institutions usurires (bancaires et autres), et la pntration du contenu et de 1'esprit du systme capitaliste dans la vie conomique et intellectuelle des gens.



Il existe une diffrence essentielle entre ces deux positions. Dans la deuxime situation, on se limite, clans la mise en oeuvre de la thse Islamique de la banque, rsoudre la premire contradiction entre la banque capitaliste et lIslam (c'est--dire les dispositions de la Sharia [loi Islamique] et de la loi civile de la juris­prudence Islamique). L'effort va alors porter sur la recherche d'une formule de systme bancaire qui ne pratique pas le prt ou 1'emprunt avec intrt. Cepen­dant, cette formule doit tre galement applicable clans une socit non Islamique, et sur son terrain idologique, et capable de coexister avec les autres banques qui conti­nueront leurs activits usurires aprs l'tablissement de la banque Islamique en projet. Dans ce cadre prcis, il n'est pas possible de rsoudre la deuxime contradic­tion ; cette banque Islamique ne pourra pas non plus assurer les bases du systme conomique Islamique correspondant a son rle et ses activits bancaires. De plus, on ne pourra pas matrialiser 1'esprit gnral de ce systme en ralisant simplement la banque non usurire. Puisque 1'interdiction de 1'usure se prsentera comme une formule juridique applicable a la dite banque, tablie sur un terrain et clans une socit non Islamiques. Par contre, cette interdiction ne marquera pas, a travers les structures de cette banque, 1'esprit et 1'orientation du systme conomique, puisque la rso­lution de la premire contradiction signifie uniquement l'abandon des formules illgales et prohibes selon l'Islam et la jurisprudence que sont, par exemple, les prts a usure. Or, en rsolvant cette seule contradiction, on ne ralise pas tous les objectifs et acquis viss par le systme conomique qui interdit ces formules, puisque cette mme interdiction n'atteint ni les fondements de ces formules illgales ni leur impact global, et puisqu'elle n'intervient pas au sein d'une conomie Islamique englobant tons les domaines de la vie pour aboutir, par une liaison organique de ces lments, a la ralisation de ces objectifs et acquis. Car le systme Islamique est un tout dont les lments sont lies, et la mise en uvre de chaque lment prpare la russite d'un autre lment et l'aide a assumer son rle Islamique prvu.



En ce qui concerne enfin la premire situation, c'est--dire lorsqu'il y a volont de crer une banque Islamique dans une socit Islamique, les deux contradictions entre la banque capitaliste et l'Islam doivent titre rsolues afin de raliser, non pas une adaptation de la banque capi­taliste, mais une vritable banque Islamique faisant partie intgrante de la construction conomique de la socit Islamique.



Ds le dpart, nous avons distingu entre les deux activits de la banque capitaliste qui sont 1'activit capi­taliste proprement dite et I'activit de service. L'activit de service est gnralement admise par le systme Islamique aprs vrification des points suivants :



1. Que 1'activit bancaire ait rellement une nature de service et que le gain acquis par in banque provienne de son travail, celui-ci n'tant pas une simple couver­ture servant a masquer un gain capitaliste et d'investissement ;



2. Que le service offert par la banque soit un service sain dans tous les sens du terme, c'est--dire qu'il rponde aux besoins de la socit ;



3. Que les formules juridiques utilises correspondent a la jurisprudence Islamique.



Quant 1'activit capitaliste de la banque, elle pro­cde d'une double mission, objective et systmique. Dans la socit Islamique, la banque n'exerce que la mission objective de l'activit capitaliste, elle ne remplit pas la mission systmique propre la nature du systme cono­mique et du climat intellectuel et spirituel de la socit capitaliste.



Dans la socit Islamique, la banque, au lieu d'avoir recours a des moyens capitalistes pour excuter sa mis­sion objective, utilise des procds a caractre Islamique. Ainsi, la socit bnficie des acquis objectifs de 1'acti­vit bancaire, mais cette fois dans un cadre systmique Islamique et conformment aux conceptions de la vie Islamique. Cela suppose une grande transformation de la nature de 1'activit bancaire.



Cette transformation peut se rsumer ainsi :



I - Dans la socit Islamique, le processus d'accumu­lation pcuniaire et d'investissement est assume, travers une banque officielle, par 1'Etat lui-mme, les investissements bancaires dans le secteur priv n'tant pas autoriss. Ainsi le dveloppement conomique, finalit de ce processus, n'a plus rien voir avec les objectifs capitalistes, puisque le processus d'accumulation est un processus social o 1'Etat reprsente en quelque sorte les possdants. Par consquent, ce ne sont plus une ou plusieurs personnes qui disposent des capacits offertes par cette accumulation de capitaux, comme c'est le cas clans la socit capitaliste ou une minorit contrle 1'activit bancaire et tient ainsi les rnes de toute la vie conomique.



2 - Pour accumuler ces capitaux, l'Etat ne cherche pas tenter les possdants en leur faisant miroiter un revenu stable sous forme d'intrt, comme le font les banques capitalistes; la politique de 1'Etat Islamique dans ce domaine est trace partir des caractristiques spcifiques de son systme conomique et compte tenu de 1'esprit gnral de la jurisprudence Islamique.



Ces caractristiques sont les suivantes :

A. L'intrt est interdit en Islam, car il est en fait une sorte de revenu touch par le capitaliste lorsqu'il prte son argent. Or la

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thorie Islamique ne lgitimise une compensation financire que si le bien prt perd de son rendement potentiel du fait de son utilisation, alors qu'un prt montaire ne perd rien de sa valeur lorsqu'il est rendu. Du point de vue Islamique, la pratique de 1'intrt n'est donc pas justifiable.



B. L'Islam interdit la thsaurisation de lor et de 1'argent et de ne pas les dpenser selon la voie trace par Dieu.



L'or et 1'argent n'existent que comme signes ou exem­ples de ce que l'on peut dpenser. Il est donc interdit de thsauriser beaucoup d'argent. La thsaurisation est un concept souple et qui est valu en fonction des mouvements montaires potentiels dans 1'conomie, et de la possibilit de faire travailler et d'investir son argent : plus ces possibilits sont grandes, plus la priode o lon a 1'argent on main, et au-del de laquelle on est en infraction, est courte. C'est peut-tre pour cette raison que l'on prend une anne d'immobilisation du capital montaire pour base d'imposition de la zakat des deux mtaux (impt Islamique sur For et 1'argent). Autrefois, la vie conomique n'offrait pas de meilleures conditions pour les flux montaires. Il fallait en effet une anne d'immobilisation montaire pour la considrer comme une thsaurisation.



L'interdiction de la thsaurisation prend appui sur la thorie Islamique concernant la monnaie : lIslam croit en effet que 1'change porte l'origine sur les biens change d'une marchandise contre une autre. C'tait le cas avant 1'apparition de la monnaie, lorsque l'on pratiquait le troc. Cela seul permet de garantir au producteur une contrepartie sa production pour satis­faire ses besoins vitaux. L'apparition de la monnaie n'a pas eu pour objectif d'anantir 1'essentiel du troc mais d'en faciliter la pratique : an lieu d'changer du bl contre du coton, le cultivateur vend son bl et, avec la monnaie qu'il reoit en change, achte du coton. L'change du bl contre du coton s'effectue donc, mais en deux oprations au lieu d'une. Par contre, si la monnaie devient un bien thsauriser et que le produc­teur se met a vendre son bl, non pour acheter du coton, mais pour amasser de la monnaie, cela signifie que ce coton, ou plus gnralement une partie de la production totale de l'conomie, ne trouvera plus d'acheteur sur le march et ne pourra pas achever le cycle de la production en tant convertie en monnaie pour qu'on puisse continuer sa production. Par contre, la thsauri­sation offre au possdant des possibilits nouvelles d'in­vestissement et de pntration du march, qu'il n'aurait pas si 1'on continuait appliquer la lettre le principe du trot.



C. Le principe de la zakat (impt Islamique) comprend un impt sur la thsaurisation de la monnaie, sous forme d'un pourcentage prlev sur lor et l'argent pargns au cours d'un an. Compte tenu du fait que, comme nous I'avons vu plus haut, cette dure d'un an est dtermine par rapport aux conditions conomiques values par la jurisprudence, et que, comme lont montr nos recherches sur 1conomie Islamique, la zakat est un principe qui peut titre tendu et s'appliquer aux diffrents types de richesses, selon walyi el 'amr al shari dtenteur lgitime de 1'autorit , nous pou­vons conclure que la thsaurisation peut tre empche par 1'imposition de 1'argent amass. Cette ide est conforme aux grandes lignes de lIslam qui servent de base pour remplir la zone de lgislation dite zone vide , dans laquelle to waliy-elamr dispose des l­ments mobiles de 1'conomie Islamique ; dans le cadre de ses comptences, il est donc habilite fixer cet impt

qui ne prendra pas ncessairement la forme d' al djibaya (collecte traditionnelle) mais peut galement s'effectuer sous une forme plus moderne, comme c'est le cas de nombreux impts et taxes fiscaux, qui sont prlevs sous forme de timbres sur les documents (dli­vres par 1'administration), les demandes, etc.



D. Dans la socit Islamique, l'individu est duqu dans les principes de 1'altruisme et incite faire oeuvre de bienfaisance. Cette ducation dveloppe chez le musul­man la conception d'un change diffrent de 1'change financier et matriel. Cet change est, selon le terme coranique, un commerce intarissable, un encourage­ment incessant aider les moustaz'afin dshrits et a prter ceux qui en ont besoin, dans un esprit de fraternit et d'amiti ; on peut ainsi obtenir al thawab la rcompense divine et al maghfirah le pardon de Dieu .



Tout cela constitue un climat spirituel et psycholo­gique original qui incite faire le bien autour de soi. Beaucoup de gens souhaitent prter de 1'argent par souci de bienfaisance. Ce n'est pas une hypothse idaliste dans la socit Islamique, mais une ralit dont nous possdons de nombreuses indications, telles que les caisses de bon prt (sans intrt), fondes avant la restauration de la socit Islamique, ou nombreux taient ceux qui faisaient don d'une partie de leur argent pour que soient effectus des prts sans intrt. Si 1'effet de 1'ducation Islamique est tel sur un individu qui vit dans une socit qui n'est plus Islamique, quel serait-il dans un cadre intgralement Islamique ?



3 - Nous avons vu, au paragraphe prcdent, quelle tait la structure thorique de la banque Islamique, lui permettant de raliser sa mission objective et de remplir son rle dans la vie conomique. Examinons maintenant la faon dent elle runit des sommes disparates, sans pour autant inciter ses clients par des offres d'intrts ou autres procds capitalistes.



A cette fin, la banque annonce qu'elle est prte recevoir toute somme d'argent que son propritaire dsire dposer chez elle. II existe pour cela deux formules :



A. Le prt est consenti a la banque qui des lent dbi­trice du prteur. Celui-ci en tire trois garanties :



I. Son argent est protg par la baroque et dispo­nible tout moment ou selon 1'accord conclu avec Celle-ci.

II. La valeur relle du prt est conserve malgr 1'inflation qui rduit le pouvoir d'achat de la monnaie. II s'ensuit que lorsqu'un particulier conserve son argent chez lui pendant une longue priode, il n'en conserve que 1'aspect (en billets) et sa valeur relle se dissipe. On a donc avantage confier cet argent la banque sous forme de prt, puisque la

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banque en garantit la valeur relle. Ainsi les billets restent identiques, non seulement par leur aspect, mais aussi par leur valeur montaire. Ce ne sera donc pas une usure que versera la banque lexpiration du prt, mais la mme somme ayant la mme valeur qu'au moment de la concession du prt. Cette valeur est estime sur la base de lor et du taux de change en or.



III. Le prteur peut gagner la rcompense divine en destinant son prt ses concitoyens clans le besoins ou aux indigents. En ce cas, la somme prte sera dpose dans une caisse spciale­ment prvue cet effet.



L'pargnant n'a pas le droit, hors du cadre dlimit prcdemment, de se faire verser des rcompenses ou des profits par la banque d'emprunt.



B. Le prteur donne procuration la banque pour qu'elle investisse la somme clans un projet conomique. Dans ce cas, 1'pargnant reoit un certain pourcentage sur les bnfices raliss. Ce pourcentage est dtermine au terme d'un accord entre 1'pargnant et la banque, qui prvoit que 1'investisseur conserve le restant des profits raliss. Si la banque se charge elle-mme de l'opration d'investissement, elle reoit le reste des bn­fices. Si elle confie cette opration l'un de ses clients sur la base d'une spculation, les bnfices sont partags entre le client et l'pargnant. La banque ne touche alors qu'une commission pour son travail et son rle d'inter­mdiaire entre 1'investisseur et le prteur, fixe suivant 1'importance de son rle clans 1'affaire.



Avec cette formule, 1'pargnant n'a aucune garantie sur son prt. En cas de perte, il devra la subir, en toute honntet de part et d'autre. S'agissant d'un profit qui n'est pas gagn par un travail, il doit donc accepter de courir un risque.

Dans les deux cas (prt la banque ou procuration), l'pargnant est exonr de 1'impt sur la thsaurisation.

A la lumire de ce qui prcde, nous savons mainte­nant que la banque Islamique, pour collecter des sommes d'argent, se base sur la cration de motivations poussant les possdants a pargner chez elle. En rsum de ce qui prcde, ces motivations sont les suivantes :



A. Protection et scurit totales de 1'argent, dans le cas de la premire formule d'pargne.

B. Maintien de la valeur relle de 1'argent, impossible par une thsaurisation prive (galement clans 1e cas de la premire formule).

C. Pourcentage des bnfices verses an possdant, si celui-ci opte pour la seconde formule et accepte de courir le risque de perdre.

D. Exonration de 1'impt sur la thsaurisation qui rduit la valeur de l'argent amasse.



A ces motivations d'ordre financier se joignent des motivations d'ordre spirituel. Le musulman a conscience de sa responsabilit et de son devoir de contribuer an processus de dveloppement conomique de la socit Islamique et de regrouper mutes les forces disponibles, comme 1'a ordonn le Coran. Dans une socit empreinte des valeurs rvolutionnaires de lIslam, les citoyens sont domins par 1'esprit d'avant-garde et les grandes ambi­tions ainsi que par un lan de charit et d'altruisme. Ils peuvent ainsi, par 1'intermdiaire de la banque, faire des prts sans intrt aux moustaz'afin les dsh­rits



4 - Une fois que la banque aura runi les sommes disperses et parpilles des possdants, elle aura deux rles jouer dans l'investissement de cet argent.



A. Dans le cadre de la premire formule d'pargne, le rle de la banque se rsume ainsi :



I. Prter sans intrt a ceux qui on out besoin pour leurs dpenses prives. Certaines conditions de garantie seront requises pour assurer le remboursement du prt.



II. Investir cet argent dans un projet de production, conformment au cadre Islamique de la socit. Soit la banque se charge elle-mme de l'inves­tissement et les bnfices de 1'affaire lui revien­nent intgralement c'est--dire 1'Etat Islamique , soit elle conclut un accord avec des particuliers capables de mener a bien 1'excution de ces projets et le profit en est rparti, conformment aux pourcentages fixes clans l'accord, entre les deux parties.



III. Prter, toujours sans intrt, des particuliers, estims comptents et honntes, un minimum ncessaire pour leurs besoins lmentaires. La banque leur accorde des prts pour qu'ils rali­sent des projets de production de faible enver­gure, aprs leur avoir fourni des conseils et des directives pour leur ralisation et fait les prparatifs ncessaires leur supervision.



B. Dans le cadre de la seconde formule d'pargne, la banque ralise l'investissement clans un projet productif et utile, soit directement auquel cas elle en partage les bnfices avec 1'pargnant , soit par un accord avec d'autres particuliers. Elle touche alors une com­mission pour son rle d'intermdiaire, les profits tant repartis entre 1'entrepreneur du projet et les pargnants.



Si elle joue correctement son rle, la banque Islamique contribue au dveloppement du capital (au sens objectif du terme) et 1'pargne d'une grande quantit de fonds qui permettront de raliser diffrents projets de produc­tion. En consquence, de nombreuses personnes de bonne volont se proposeront et seront choisies par la banque sur le critre de leur capacit dans la production, et donc de leur comptence, ainsi que de leur clairvoyance et de leur honntet, et non pas leurs possibilits de payer les intrts pour les crdits accords. Le capital est ainsi mis a la disposition d'une main-duvre comptente dans des ralisations qui se reproduisent sur une grande chelle.

Dans tout cela, la banque joue un rle d'orientation, de conseille et de supervision. Une grande partie du bnfice et des richesses en circulation, verses sous forme d'intrt ou de profit aux capitaux, sont destins de prfrence aux entrepreneurs des projets conomiques. La banque Islamique ne fournit plus de prts pour

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les projets parasitaires de la socit capitaliste, qui servent d'intermdiaires entre le producteur et le consommateur. Je dis Bien : la banque n'accorde plus de prts les projets parasitaires, qui disparaissent donc, en mme temps que se rduit I'cart entre producteur et consom­mateur ; de ce fait, le prix des produits est plus proche de leur valeur relle (cot de production + frais de vente sur le march).



Avec la banque Islamique disparat cette contradiction, cre par la banque capitaliste, entre les intrts du capital usurier et ceux du capital commercial et de production. Car chaque fois que la demande de capitaux augmente, du fait d'un plus fort besoin de fonds sur le march de la production et du commerce, les banques augmentent les taux d'intrts pour raliser plus de profits. Si, au contraire, le march de la production et du commerce est en rcession, les banques baissent les taux d'insrt et cela conformment aux lois de l'offre et de la demande.



Dans la socit Islamique, rien de tout cela n'existe, puisque la banque choisit des personnes comptentes et prte aux plus dmunis d'entre elles pour financer, sans intrt, des projets dtermins. Elle sert aussi d'inter­mdiaire pour la signature de contrats entre pargnants et entrepreneur, o les intrt du projet sent unifies aux intrt de la banque. Ainsi, lorsque le besoin de rali­sation de projets productifs se fait sentir plus fortement au sein de la socit, la banque offre davantage de capi­taux sous forme de prt sans intrt ou de contrats entre pargnant et entrepreneur.



De plus, la banque Islamique contribue an maintien de la scurit sociale (au sens large du terme), grce A. des prts destins a la consommation, offerts aux pau­vres, aux dshrits et aux personnes en dtresse, dans le besoin ou all chmage.



Ainsi, clans la socit Islamique, la banque devient un lment original et spcifique de son conomie.



Nous avons expos ici les principes gnraux de la fondation d'une banque qui puisse jouer un rle essen­tiel clans le cadre d'une conomique Islamique, comparable celui des banques clans les conomies capitalistes.



Si Dieu le vent, nous laborerons plus on dtail, clans une prochaine tude, les principes de base prsents ici.


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http://www.shbab1.com/2minutes.htm
    
    http://islamfin.go-forum.net/forum.htm
 
les principes gnraux de la banque dans la socit
          
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» Meurtre mystrieux en fort de Chantilly

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